Mr Gaga and the red wine bottle

A Cécilia Zeini, Sylvie Robaldo et Jacques Fargearel...

 

Gare de Dijon le 9 novembre 2016. 20h20. Je viens de passer une riche journée d’animation en coaching suivie d’un dîner avec des partenaires. Pluie battante, il fait froid...Et puis la journée a commencé par les résultats de l’élection américaine... J’ai hâte de regagner mon chez-moi et ceux que j’aime. A dire vrai, je suis fatiguée. J’ai donné toute mon énergie aujourd’hui. Il reste à faire le trajet jusqu’à Paris puis regagner ensuite ma banlieue. Je monte à bord. Place 18 voiture 75. À la place à côté de la mienne est déjà assise une vieille dame les traits très tirés, la mine mauvaise. Elle est en train de boire une petite bouteille de vin rouge qu’elle a dû acheter à bord. Elle doit en boire souvent de l’alcool... Je me dis en mon fort intérieur « Non vraiment, là tout de suite, j’ai envie de tout sauf ça !».Immédiatement je me ressaisis. J’ai parlé de bienveillance à mon groupe toute la journée, ce n’est pas pour faire le contraire une fois le rideau baissé ! Donc, je m'assieds. Les autres passagers me font des sourires compatissants. Pour sûr ils sont bien contents de ne pas être à ma place. La vieille dame se resserre une gorgée... Puis elle se met à pester toute seule. «Non mais c'est limite ce que vous regardez Monsieur! » s'indigne-t-elle. «J'ai pas envie de voir des saucisses moi ! » Je comprends alors que cette remarque s'adresse au jeune homme assis sur le siège situé devant elle. Il est en train de regarder des mangas sur son ordinateur...et les scènes ont l’air assez torrides... « Je vois l’écran dans la vitre, ce n’est pas de ma faute. Ca me gêne moi ce genre de scène! ». Les passagers autour se retiennent de rire ? Dans le même temps je sors ma tablette en me disant qu’ENFIN j’ai assez de temps devant moi pour regarder le documentaire Mr. Gaga, sur les pas d’Ohad Naharin que je n'ai pas eu le temps de voir au cinéma et que j'ai hâte de découvrir. J’en ai beaucoup entendu parler. La vieille dame me voit sortir ma tablette et lancer un film. Au moment où je mets mes oreillettes, elle me demande « Dites, ça vous dérange si je regarde avec vous ? Ce sera toujours mieux que des saucisses ! ». Elle n’a aucune idée de ce que je m'apprête à visionner et ne me le demande même pas. Le générique commence et je ris en mon  fort intérieur en voyant s'afficher le logo de "Hot Docs"... Que va-t-elle se dire encore ? Le film commence. Elle n'a pas le son mais je la sens attentive et nous voici toutes deux plongées dans l’univers d’Ohad Naharin. Je la sens captivée. Elle ne dit rien. Enfin si, elle me demande simplement «Vous êtes dans la danse, vous ? » Je lui souris et lui réponds « Oui en quelque sorte ». Ce serait compliqué de lui expliquer... Je la sens qui lit attentivement les sous-titres. Son corps réagit à certaines chorégraphies. Puis, vient le moment où Ohad raconte le décès de sa compagne Mari et comment la danse continue après elle, à travers elle...Un moment du film très émouvant. La vieille dame s’avance sur son siège. Elle cherche visiblement quelque chose dans son sac. Je n'ose pas la regarder pour ne pas la gêner mais je crois que je viens de comprendre. De grosses larmes roulent le long de ses joues. Elle est touchée, profondément émue. Elle pleure, silencieuse, en s'essuyant les yeux avec son mouchoir. Le film continue jusqu'à ces scènes jubilatoires de danse à grande échelle. Joie, sourires, partage. Mais déjà retentit le signal sonore. Nous sommes arrivés à Paris Gare de Lyon. J'arrête le film (il reste une dizaine de minutes) et la dame me dit, les yeux encore embués de larmes « Merci madame, vous m'avez vraiment fait découvrir quelque chose aujourd’hui... c'est tellement beau... Ces corps qui défient la gravité...encore un grand merci ». Je  lui avoue alors que c'est plutôt moi qui tiens à la remercier de ce que nous sommes en train de vivre. Il est temps de lui dire au revoir et mon coeur est rempli de gratitude. Encore une fois la danse, ce langage universel, m'envoie un signe. Le corps et le mouvement qui rapprochent les humains. En descendant prendre le RER qui me ramènera chez moi je prends de quoi noter ce précieux moment afin de le faire vivre et de vous le partager. Merci la vie!

 

© Gaëlle Piton Sophrologue Paris 6 - Coach Saint-Denis 93 - Sophrologie Paris 6-Sophrologie Saint-Denis 93-Coaching Paris 6- Coaching Saint-Denis 93- Coaching d'artistes- Mindfulness -Méditation Pleine Conscience-Journaliste- Formatrice

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